Un casse de maître au Musée d’Art Moderne de Paris

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21 Mai 2010

C’est dans la nuit du mercredi 19 Mai au jeudi 20 Mai 2010 que 5 oeuvres du Musée d’Art Moderne de Paris XVI ont été volées. Une alarme qui ne fonctionnait plus depuis deux mois, une baie vitrée à briser, un cadenas à cisailler et un rayon de balayage des caméras de sécurité apprivoisé … Il n’en a pas fallu plus à l’homme, cagoulé et vêtu de noir, pour pénétrer seul dans le musée et dérober les tableaux des célèbres Picasso, Matisse, Modigliani, Braque et Fernand Léger.

C’est donc à 6h50, lors de leur ronde, que les gardiens découvrent l’effraction : Le pigeon aux petits pois (Pablo Picasso), La pastorale (Henri Matisse), L’olivier près de l’Estaque (Georges Braque), La femme à l’éventail (Amedeo Modigliani) et la Nature morte aux chandeliers (Fernand Léger) ont disparus et on ne retrouvera que leurs cadres, vides, dont les toiles ont été soigneusement détourées au cutter.
Le butin s’élèverait environ entre 90 et 100 millions d’euros selon Christophe Girard, l’adjoint au maire de Paris. On estime à 25 millions d’euros le tableau cubiste de Pablo Picasso et entre 13 et 15 millions d’euros celui de Fernand Léger.

Bertrand Delanoë (maire de la ville de Paris) se dit « particulièrement attristé et choqué de ce vol », qu’il considère comme « une atteinte intolérable au patrimoine culturel universel de Paris ».
L’évènement relance alors le sujet de la sécurité des biens culturels dans les musées. Cette problématique fût déjà abordée en 2007 par Christine Albanel (ministre de la culture à l’époque) après qu’un tableau de Monet ait été vandalisé au musée d’Orsay (Paris). De plus, en juin dernier, un carnet de dessins de Picasso estimé entre 3 et 8 millions d’euros avait été dérobé au musée Picasso alors que celui-ci était en pleine rénovation.

La brigade de répression du banditisme est en charge de l’affaire et aborde toutes les raisons possibles du vol puisque les toiles des grands maîtres de la peinture ne peuvent être ni vendues, ni exposées … Mais peut être échangées. Cela s’appelle « l’art knapping » et représente une forme d’arnaque encore rare mais bien connue des compagnies d’assurances qui garantissent les oeuvres d’art; Celles-ci pourraient donc être restituées contre une rétribution. Pendant ce temps, le célèbre musée parisien est fermé pour « problèmes techniques ».

Affaire à suivre …

* Musée d’Art Moderne de Paris